22.10.2026

Sextorsion : une campagne nationale pour que les jeunes ne restent plus seuls face au chantage

 

 

La CIIVISE et le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ont lancé une campagne nationale de sensibilisation à la sextorsion, entièrement digitale, à destination des 11-17 ans. Familles de France en rappelle les enjeux et les réflexes à transmettre.

Qu’est-ce que la sextorsion ?

La sextorsion est un chantage : l’auteur menace de diffuser des photos ou vidéos intimes, réelles ou truquées, pour obtenir de l’argent, de nouveaux contenus intimes, ou pour contraindre la victime à des actes sexuels.

Ces contenus peuvent avoir été envoyés volontairement. Ils peuvent aussi avoir été obtenus sans le consentement de la victime, par exemple en piratant un compte, ou être fabriqués avec l’intelligence artificielle.

Une campagne sur TikTok et Snapchat

Le lancement a coïncidé avec le Comité de suivi interministériel du Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, réuni le lundi 28 septembre. La campagne s’est déployée du 25 septembre au 14 octobre 2026 sur TikTok et Snapchat, c’est-à-dire là où se trouvent les adolescents.

Elle poursuit trois objectifs :

  • aider les jeunes à identifier, connaître et nommer cette forme de cyberviolence sexuelle ;
  • faire comprendre les mécanismes de la sextorsion et les stratégies d’emprise des agresseurs ;
  • lutter contre la honte et la culpabilité : les victimes ne sont pas responsables du chantage qu’elles subissent et ne doivent pas rester seules.

Le 3018, un réflexe à connaître

En cas de sextorsion, il faut appeler le 3018, dispositif national gratuit, anonyme et confidentiel, ouvert 7j/7 de 9 h à 23 h. On peut le joindre par téléphone, par tchat sur l’application 3018 ou par email.

Le 3018 est le signaleur de confiance officiel. Il accueille la parole des adolescents sans jugement et peut intervenir directement auprès des plateformes pour faire supprimer en quelques heures les contenus intimes et les comptes préjudiciables.

Le sujet est d’autant plus préoccupant qu’en 2024, le nombre de cas de sextorsion pris en charge par le 3018 a augmenté de 74 %.

Les bons réflexes à transmettre à nos enfants

  • Sécuriser ses accès : comptes en mode privé, mots de passe complexes et uniques, double authentification.
  • Protéger sa vie privée : limiter la diffusion d’informations personnelles (établissement scolaire, géolocalisation).
  • Bloquer et ne pas céder : ne jamais verser d’argent ni céder aux menaces, car chaque concession renforce l’emprise de l’agresseur.
  • Conserver les preuves : faire des captures d’écran des échanges et des identifiants avant de bloquer l’auteur.

Les plateformes aussi ont leur part de responsabilité

La protection des mineurs ne peut pas reposer sur la seule vigilance des enfants et des familles. Le principe du Safety by Design impose aux plateformes d’intégrer la sécurité dès la conception de leurs services : blocage des contacts non sollicités, paramétrage privé par défaut, contrôle d’âge vérifié.

En conclusion 

Pour les parents, l’essentiel est de maintenir le dialogue. Un enfant qui sait qu’il ne sera pas jugé osera parler plus vite. Familles de France invite les familles à aborder le sujet avec leurs enfants, à leur rappeler qu’ils ne sont jamais coupables d’un chantage et qu’ils peuvent toujours demander de l’aide, auprès de leurs parents comme du 3018.