29.10.2026

Démographie : la France bascule, le CESE appelle à repenser les solidarités

Le 28 septembre 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté son rapport annuel sur l’état de la France, en ciblant un sujet d’importance pour la nation et les familles : la démographie.

Pour la première fois depuis 1945, les décès ont dépassé les naissances en France en 2025.

Dans son rapport annuel, le Conseil économique, social et environnemental refuse d’y voir une fatalité et plaide pour une réponse globale, sans pression nataliste.

C’est un seuil symbolique que la France a franchi l’an dernier.

Un « basculement » qui, selon le CESE, « n’est ni une surprise ni une fatalité ».

Dans son Rapport annuel sur l’état de la France 2026, l’institution prône un « changement de paradigme » : faire de cette contrainte l’occasion de repenser les solidarités, grâce à la planification, à des services publics adaptés et à des investissements ciblés.

Des Français inquiets, mais pas résignés

Le rapport s’appuie sur un sondage Ipsos. Si 60 % des Français disent avoir entendu parler des évolutions démographiques (75 % chez les seniors), les craintes sont nettes : 70 % s’inquiètent de la baisse de la population active, 51 % du financement des retraites et 33 % d’un ralentissement économique.

Pourtant, le tableau n’est pas sombre pour tout le monde. Sept Français sur dix y voient aussi des effets positifs, à commencer par davantage de solidarité entre les générations.

Plus d’un tiers (35 %) attendent plus d’attention portée aux enfants, et 31 % espèrent une moindre pression sur l’environnement.

Natalité : le portefeuille avant tout

Pourquoi les naissances reculent-elles ? Pour 56 % des sondés, la réponse tient dans les difficultés économiques et le coût de la vie.

Viennent ensuite un avenir économique et géopolitique jugé inquiétant (36 %), l’accès compliqué au logement (26 %) et les craintes liées au climat (24 %).

Les leviers souhaités sont d’ordre très concret : une meilleure articulation des temps de vie (75 %), un accès facilité à des modes de garde de qualité (73 %) et une politique du logement plus favorable aux familles (70 %).

Mais attention : 53 % des moins de 35 ans jugent que les pouvoirs publics n’ont pas à s’immiscer dans le choix d’avoir ou non des enfants.

Un message que le CESE entend. Dès mars 2026, il alertait contre l’instrumentalisation politique de la baisse des naissances.

Des politiques familiales favorables à la natalité sont possibles, estime-t-il, à condition de garantir la liberté de choix en matière de parentalité et de ne jamais remettre en cause les droits des femmes.

Vieillissement : la santé en tête des attentes

Face à une population qui vieillit, 90 % des Français réclament davantage de mesures de santé, notamment des soins à domicile et un meilleur parcours de soins. Une moitié (51 %) demande un développement du maintien à domicile, avec des aides et des logements adaptés, et 45 % souhaitent plus de services et de commerces de proximité.

Les pistes du CESE

Pour y répondre, le Conseil avance plusieurs propositions :

  • Emploi : relever le taux d’emploi des jeunes, des femmes et des seniors, rendre les métiers en tension plus attractifs et reconnaître la contribution positive de l’immigration à la croissance, à la population active et aux finances publiques.
  • Logement : l’envisager comme un lieu de vie sociale, avec de l’habitat intergénérationnel, partagé ou de la colocation entre seniors.
  • École et services publics : mieux les répartir et les adapter, avec des classes moins chargées et des bâtiments plus sobres énergétiquement.
  • Environnement : préserver les ressources en eau et en énergie et limiter l’artificialisation des sols.
  • Soin et lien : revaloriser les métiers concernés (salaires, conditions de travail, reconnaissance des compétences) et faciliter l’accès aux soins et aux solidarités de proximité.

Un pays optimiste pour lui-même, pessimiste pour la France

Le sondage prend aussi le pouls général du pays.

Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation (40 %), devant la santé (36 %) et la situation économique (29 %).

Une majorité de Français (56 %) estime vivre correctement, mais 44 % déclarent des difficultés, qui culminent aux âges où les charges familiales sont les plus lourdes.

Plus de deux Français sur cinq disent que leur pouvoir d’achat couvre à peine, voire pas, leurs besoins essentiels.

Côté moral, un décalage frappant : 59 % se disent optimistes pour leur propre avenir, mais seulement 43 % pour celui de leurs enfants et 24 % pour celui du pays.

Enfin, 23 % jugent leur bien-être insatisfaisant, une proportion qui grimpe à 29 % chez les ouvriers et les employés.

Faire de l'évolution démographique une opportunité pour les politiques publiques | RAEF 2026 | Le Conseil économique social et environnemental

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